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  • Archives d'érudits, de scientifiques, d'écrivains et d'artistes, collections -
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      254 S - Fonds SIGMA - 1935-2010  
      support : Papiers, affiches, négatifs, diapositives, planches-contacts, photographies, vinyl, CD, bandes magnétiques et maquettes.
      contenu :

      Le fonds Sigma, composé des archives de Roger Lafosse et de l'association SIGMA (1964-1997), présente une grande variété de supports et de typologie documentaire. Il comprend ainsi :

      - de la correspondance,

      - des dossiers préparatoires aux activités culturelles,

      - des outils de communication : programmes, catalogues, prospectus, dépliants, maquette, dossiers de presse,

      - des affiches typographiques et illustrées,

      - des revues de presse,

      - des tirages photographiques : photographies noir et blanc et couleurs, planches-contacts,

      - des négatifs,

      - des diapositives,

      - des disques : vinyl, CD,

      - des bandes magnétiques : bandes audio enroulées, VHS,

      - deux maquettes.

      classement :

      Fonds partiellement classé

      nom du producteur : Lafosse, Roger
      présentation du producteur :

      La Semaine de recherche et action culturelle Sigma a été organisée pour la première fois en octobre 1965 sur une initiative de Roger Lafosse, de l'écrivain et professeur en littérature Robert Escarpit, du professeur et philosophe Abraham Moles et du musicien, compositeur et chef du bureau bordelais de l'ORTF, Michel Philippot. Cette manifestation se présentait comme une semaine de découverte, de création, d'échange et de promotion de l'art contemporain auprès d'un public bordelais quelque peu coupé des nouvelles tendances artistiques qui se développaient alors à Paris et à l'étranger.

      Issu d'une famille bordelaise, Roger Lafosse avait entrepris des études à Paris après la guerre. Il fut particulièrement sensible à l'effervescence artistique parisienne née de l'après-guerre. Saxophoniste de talent, il fréquentait assidument les caves de Saint-Germain-des-Prés où il lia connaissance avec des intellectuels et des musiciens de jazz d'exception tels Boris Vian ou Charlie Parker. Il continua à cultiver ses amitiés et sa curiosité artistique à son retour dans la ville de Bordeaux. Il réalisa notamment des émissions sur la musique pour le bureau bordelais de l'ORTF. Roger Lafosse nourrit le projet de créer des journées de rencontres autour des arts dès 1963, date à laquelle il s'entretint de son souhait avec le maire de Bordeaux, Jacques Chaban-Delmas. Le groupe Arts et Recherches Contemporaines (ARC), composé de Roger Lafosse et de quelques-uns de ses amis, naît en 1963 de cette volonté de faire de Bordeaux un lieu propice à la recherche et à la création artistique. L'association de loi 1901 "Sigma" est créée en 1964 et reçoit une petite subvention de la mairie de Bordeaux. Le comité Sigma est composé des quatre membres fondateurs (Roger Lafosse, Robert Escarpit, Abraham Moles et Michel Philippot), de Jacques Chaban-Delmas et de trois présidents alors que Roger Lafosse occupe la fonction de commissaire général. Des conférences de Louis Pauwels, Jean Charton et Abraham Moles furent organisées avec succès en 1963 et 1964 préfigurant la Semaine de recherche et action culturelle. Le choix du nom de "Sigma" traduit le voeu de l'association de réaliser une somme à partir de différents éléments, des arts et tendances contemporains.

      Cette manifestation s'ouvre dès les premières éditions à l'ensemble des disciplines et tendances artistiques des arts plastiques et du spectacle vivant. Cette semaine constitue une véritable vitrine aussi bien pour des artistes régionaux méconnus que pour des grands noms de la création internationale européenne, américaine, asiatique ou africaine. La programmation se recentre dans les années 1980 autour du théâtre, de la danse, du jazz et des arts plastiques pour des raisons principalement budgétaires. Les activités de l'association étaient financées essentiellement par les subventions de la mairie de Bordeaux et du ministère de la Culture à partir de 1971, auxquelles se sont ajoutés parfois des financements de partenaires privés, du conseil régional d'Aquitaine et du conseil général de la Gironde.

      Le festival de novembre connaît un succès grandissant auprès des artistes, des intellectuels, des étudiants mais également du grand public, tout au long des années 1960 et 1970. L'association Sigma multiplie ses actions tout au long de l'année, voulant ainsi pérenniser les découvertes nées de la semaine de novembre. La mission de l'association se décline en quatre points : information, formation, recherche et diffusion. Le Centre d'information Sigma (1968) puis le Centre d'information Sigma Lainé (1977) furent développés à cette fin. Ils proposaient des activités audiovisuelles et de la documentation sur les dernières tendances culturelles et artistiques et invitaient des artistes et créateurs à se produire. Néanmoins, ces initiatives ne purent jamais aboutir à la création d'une véritable structure de promotion de l'art contemporain comme le souhaitait Roger Lafosse. Un projet d'école "Hyperphonie" de Pierre Henry, mêlant enseignement et recherche, a ainsi été abandonné faute de moyens.

      En 1974, l'association Sigma s'installe officiellement avec le nouveau Centre d'arts plastiques contemporains (CAPC), la Compagnie dramatique d'Aquitaine (CDA) et la troupe théâtrale Fartov et Belcher au sein de l'Entrepôt Lainé, ancien lieu de stockage des denrées coloniales dans le quartier des Chartrons. L'association utilisait ces locaux pour ses spectacles dès 1973, date de son rachat par la ville de Bordeaux. Ce bâtiment, lieu symbolique du développement économique de Bordeaux au XIXe siècle, fut un des premiers exemples en France de reconversion d'un bâtiment industriel et commercial en structure culturelle. En 1989, l'association Sigma et les troupes théâtrales doivent quitter l'Entrepôt Lainé afin de permettre au CAPC de se développer pleinement dans les différents espaces. Les bureaux de l'association sont alors installés au 85, quai de Bacalan dans des locaux industriels. Les spectacles sont organisés dans un entrepôt portuaire, le Hangar 5. Un nouveau projet de Centre Sigma est imaginé au Hangar 7 sans jamais aboutir.

      Confrontée à des difficultés financières, l'association dut réduire sa programmation culturelle dans les années 1990 et renoncer à l'édition 1993. La suppression de la subvention accordée par la mairie de Bordeaux en 1997 mit fin définitivement au festival de novembre et provoqua la dissolution de l'association malgré le soutien des artistes et de son public.

      Roger Lafosse imagina plusieurs projets de centres culturels après l'arrêt de Sigma, s'efforçant de sauvegarder le dynamisme artistique créé. Il a toute sa vie su conjuguer sa passion pour l'art et la technologie, le jazz, les sports extrêmes comme la voltige aérienne, les courses automobiles ou la voile ainsi que son métier de commercial en pièces automobiles, avec la vie de l'association Sigma. Il souhaitait préserver la mémoire du festival à travers ses archives et a ainsi décidé de les confier aux Archives municipales de Bordeaux en 2010, avant de décéder en juin 2011.

      modalités d'entrée :

      Don, 2011

      historique de la conservation :

      Les documents constituant le fonds Sigma ont été rassemblés et conservés par Roger et Michelle Lafosse dans leur appartement de Bordeaux et leur maison de campagne, depuis la fin de l'association Sigma en 1997. Les dossiers administratifs, techniques et comptables de l'association sont demeurés dans les derniers locaux de l'association, dans l'entrepôt de l'ancienne huilerie Lacoste sur le quai de Bacalan à Bordeaux et ont été détruits par un incendie le 31 mai 2010. Le fonds donné aux Archives municipales comprend ainsi peu de pièces relatives à l'organisation technique et administrative des saisons culturelles. Ce déficit peut être en partie comblé par la consultation des dossiers de la série R portant sur les affaires culturelles (1663 R) et du fonds du cabinet du maire (1 W), conservés aux Archives municipales. On notera également que ce fonds contient peu de correspondance entre Roger Lafosse et les artistes. Le fonds Sigma est entré aux Archives en plusieurs temps : les dossiers, outils de communication, revues de presse, tirages photographiques et diapositives ont été collectés au printemps 2011, les affiches, bandes magnétiques et maquettes au cours de l'été 2012, une dernière série d'affiches, conservées jusqu'alors par l'association La Mémoire de Bordeaux, de la Communauté urbaine et de ses communes, s'est ajoutée aux autres au début de l'année 2013.

      statut juridique : Archives privées
      modalités d'accès :

      Fonds communicable pour la partie classée

      modalités de reproduction :

      La reproduction de documents appartenant à la ville de Bordeaux et conservés aux Archives municipales peut donner lieu à la perception d'un droit de reproduction. Elle peut également être soumise à des droits relevant du code de la propriété intellectuelle.

      langue : Le fonds Sigma compte quelques pièces en langues étrangères telles que l'anglais, l'espagnol, l'allemand, le néerlandais, le japonais, le russe ou l'italien. Il s'agit principalement de documentation et d'outils de communication relatifs aux artistes ayant participé au festival.
      instrument(s) de recherche :

      Base de données

      sources complémentaires internes :

      Dans le fonds moderne, la série R, et, pour le fonds contemporain, la série W, comportent quelques documents relatifs au festival Sigma et à l'entrepôt Lainé.

      La bibliothèque comporte également quelques ouvrges de synthèse et des catalogues et dépliants.

      sources complémentaires externes :

      Des documents relatifs à Sigma, sont susceptibles d'être conservés :

      - dans les fonds des Archives départementales de la Gironde : les statuts de l'association déposés en février 1965 auprès de la Préfecture de la Gironde (série W, le fonds de la Préfecture),

      - dans les collections de la Bibliothèque municipale de Bordeaux,

      - dans les archives de l'Institut National de l'Audiovisuel : retransmission de spectacles, concerts, émissions ou de journaux télévisés.