Bordeaux au temps de La Fayette

Fi i40 B 69 © Archives municipales de Bordeaux

« Nous arrivâmes au port de Bordeaux. Là nous aperçûmes une partie de la ville, qui s’étend en forme de demi-lune au bord de la Garonne, et environ quatre cents navires mouillés le long des berges de la rivière… ». « (…) j’aperçus, comme dans un rêve, le trafic du port, les merveilleuses façades, la Place Royale et le Château-Trompette ». C’est en ces termes que Sophie de La Roche décrit le port de Bordeaux en 1785, deux ans après la fin du conflit, brossant ainsi un véritable tableau de la ville au cours du dernier tiers du XVIIIe siècle.

Bordeaux est l’une des grandes capitales provinciales siège de nombreuses institutions majeures : intendance de Guyenne, parlement, université, chambre de commerce. On y pratique le commerce en droiture (directement avec les Antilles), mais aussi le commerce triangulaire, c’est-à-dire la traite négrière. Le commerce maritime est florissant, notamment avec les colonies antillaises, à commencer par Saint-Domingue, la « perle des Antilles ». Dans les années 1780, Bordeaux est le premier port de commerce du royaume et la Porte de l’Europe.

En 1783, François de La Rochefoucault témoigne : « Le commerce de Bordeaux est fort considérable ; le principal se fait dans les îles : Bordeaux y porte des vins et du blé, de la quincaillerie, des verroteries, des draps, etc. Elle achète en France ce qu’elle porte en Amérique ; ainsi ce commerce est fort avantageux au royaume ». Les navires bordelais reviennent chargés de denrées coloniales : café, sucre.
La ville devient cosmopolite, réunissant une population estimée entre 75.000 et 80.000 habitants dans les années 1770. L’accroissement est très rapide : la ville compte 110.000 habitants en 1789.

Ces richesses permettent à la cité de se transformer. L’intendant Tourny a déjà mené les grands travaux d’embellissements, en aménageant cours, jardins et promenades. La place royale et les façades uniformes forment un décor particulièrement saisissant pour les voyageurs ; la ville rivalise alors avec les grandes capitales d’Europe.
En ces années 1770 débutent des chantiers emblématiques : construction du Grand Théâtre (1772-1780), construction du Palais archiépiscopal (1775-1778).

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