La guerre d'indépendance

Armement à Nantes de six frégates et deux corvettes, détail, Bib 5 B 108 © Archives municipales de Bordeaux

L’Angleterre possède treize colonies sur la côte orientale de l’Amérique du Nord, entre la Nouvelle-Ecosse et la Floride et l’Atlantique et les Appalaches. Ces colonies ont été fondées entre 1607 et 1732. On les désigne sous l’appellation générique de Nouvelle-Angleterre.

Après la guerre de Sept Ans (1756-1763) qui opposent l’Angleterre à la France et à l’Espagne, et malgré la victoire anglaise (la France perd ses colonies du Canada et des Indes), les caisses sont vides. Londres crée alors une série de taxes pour faire supporter à ses colonies américaines une partie du poids financier de cette guerre. Les colonies refusent de les payer tant qu’elles n’enverront pas de députés à la chambre des communes : « no taxation without no representation ».
L’agitation est telle qu’elles obtiennent que ces taxes soient annulées, à l’exception de celle sur le thé. Les cargaisons sont renvoyées sauf à Boston où le 18 décembre 1773, des opposants appelés les Fils de la Liberté, déguisés en indiens Mohawks, montent à bord des trois navires et jettent à la mer 45 tonnes de thé : c’est la tea party de Boston. Londres réagit vigoureusement en fermant le port de Boston et en imposant des garnisons à toutes les colonies.

Les treize colonies se réunissent alors en congrès à Philadelphie le 5 septembre 1774. Le congrès vote une déclaration proclamant les droits des colonies à décider seules de leurs impôts et de leurs lois. La métropole se refuse à entendre les revendications de ses colonies.

Le sanglant combat qui oppose l’armée anglaise à des colons armés à Lexington le 19 avril 1775 scelle le destin des treize colonies : c’est l’escalade vers la guerre. Le 10 mai 1775, un second congrès se réunit à Philadelphie : il nomme Georges Washington général en chef des troupes chargées de la défense des colonies contre les Anglais. Le 4 juillet 1776, le congrès proclame l’indépendance des colonies sous le nom d’Etats-Unis d’Amérique du Nord. Après quelques succès militaires, l’armée des insurgés essuie une série de désastres qui semble marquer la fin de la cause américaine. Mais, à la fin de l’année 1777, les erreurs du général britannique Howe et son manque d’audace inversent la situation au profit de Washington. Mais c’est surtout la victoire de Saratoga le 17 octobre 1777 sur le général Burgoyne qui est déterminante.

Après avoir longtemps tergiversé, puis apporté un appui officieux, Louis XVI signe, le 6 février 1778, un traité de commerce et d’alliance avec la jeune république.il s’agit pour les Français de prendre leur revanche sur l’Angleterre. L’arrivée des troupes régulières françaises assurent la victoire des Américains contre les Anglais : la victoire navale de la flotte française de l’amiral de Grasse à la baie de Chesapeake le 5 septembre 1781, puis la capitulation de lord Cornwallis à Yorktown le 19 octobre 1781 marquent la fin de la guerre et assurent l’indépendance américaine. Le 3 septembre 1783, est signé le traité de Paris par lequel l’Angleterre reconnaît formellement l’indépendance de la confédération rassemblant ses anciennes colonies.

Les Etats-Unis se dotent en 1787 d’une constitution, rédigée par Thomas Jefferson et fortement inspirée de Montesquieu, à commencer par la théorie de la séparation des pouvoirs (pouvoir exécutif, pouvoir législatif et pouvoir judiciaire). Georges Washington, élu le 4 mars 1789 premier président des Etats-Unis, entre en fonction le 30 avril 1790.

frac033063_bib_l08_037_p050_02.jpg

Le conflit

11 documents